“Le métier d’infirmière est un beau métier”

Publié le 13 / 07 / 2018

Dans cette interview, Catherine revient sur ses premières heures d’infirmière et donne ses conseils aux nouvelles générations pour s’épanouir dans ce métier, souvent dur mais passionnant.

 

Pouvez-vous vous présentez et nous dire quand avez-vous obtenu votre diplôme d’infirmière ?

Je m’appelle Catherine, je suis diplômée depuis janvier 1981.

Dans quelle école d’infirmière avez-vous fait vos études ?

J’ai fait mes études à l’école d’infirmière de Pellegrin, de 1978 à 1981.

Quel est votre parcours ?

Après mon diplôme, j’ai travaillé dans une clinique d’orthopédie sur Bayonne, j’ai travaillé dans les services. Après, j’ai travaillé en tant qu’infirmière de bloc opératoire où je faisais à la fois panseuse et instrumentiste. Ensuite, j’ai travaillé comme infirmière de transfusion sanguine où je faisais les prélèvements sanguins.

En 1986, j’ai intégré une grande clinique de Bayonne, où j’ai commencé à travailler de jour. Mais très vite, je suis passée de nuit. J’ai travaillé dans cette clinique pendant 18 ans, toujours de nuit !

Et là, j’ai fait à peu près tous les services et toutes les spécialités de la gynécologie, en passant par la salle de réveil, l’obstétrique, l’ORL, l’urologie…

C’était très éclectique et très intéressant ! A l’époque les services n’étaient pas sectorisés par spécialité.

Qu’est-ce que vous aimez dans le métier d’infirmier ?

Ce que j’aime, c’est m’occuper de l’autre, de la personne ; lui apporter un bien-être aussi bien sur le plan physique que psychologique. C’est aussi un travail d’équipe où on rencontre d’autres infirmiers, des aides-soignantes, des médecins mais aussi des psychologues et toutes les autres spécialités. C’est vraiment le travail pluri-disciplinaire qui est intéressant dans ce métier !

Qu’est-ce que vous n’aimez pas dans le métier d’infirmier ?

Hmm, qu’est-ce qu’on n’aime pas ? Comme tous les métiers, il a ses avantages et ses inconvénients. Parfois les contraintes sont difficiles : on travaille un week-end sur deux, on est obligé de sacrifier des moments familiaux…

Après le métier a évolué et les rapports notamment avec les médecins sont parfois compliqués.

Parfois aussi, l’administration est lourde, pesante et nous sépare de notre cœur de métier qui est le soin auprès des patients.

Comment avez-vous évolué dans votre métier ?

Travailler de nuit a été une grande satisfaction mais le corps humain a aussi ses limites et travailler de nuit ne fait partie de notre fonction physiologique. Et donc à 40 ans, c’était compliqué de travailler !

Donc j’ai décidé de reprendre mes études et j’ai passé une licence en Sciences sanitaires et sociales à la faculté de médecine de Bordeaux. Ensuite j’ai fait un diplôme universitaire de gérontologie et je suis devenue infirmière coordinatrice dans une maison de retraite, où j’exerce toujours.

Et il y a 8 ans, j’ai repris d’autres études puisque j’ai fait un master en ingénierie de projet, qui m’a permis d’accéder à la fonction de directrice d’établissement, que j’exerce depuis 7 ans.

Quels conseils donneriez-vous à un candidat qui veut intégrer un IFSI et devenir infirmier ?

Alors, je lui dirai de faire un choix en ayant pris en compte tous les avantages et les inconvénients. Il faut trouver un équilibre donc il faut savoir que c’est un métier qui est passionnant mais qui a ses contraintes. De mon expérience, je dirais qu’on est soignant ou qu’on ne l’est pas, c’est binaire !

Ne parlons pas de vocation car ça nous rappelle trop les religieuses avec lesquelles j’ai travaillé au début de ma carrière. En effet dans ce métier, on ne l’est pas !

C’est un métier très enrichissant sur le plan humain, qui apporte beaucoup de choses sur le plan intellectuel mais qui est un métier difficile car on est confronté à la maladie, à la mort, à la misère humaine, à la misère de la société.

Voilà, je crois que tout le monde n’est pas apte à pouvoir faire ce métier et qu’il est important de bien prendre conscience de toutes ces choses.

Vous faites passer des oraux pour le concours infirmier, quels conseils donneriez-vous au candidat pour réussir ses oraux et pour travailler au mieux à l’IFSI ?

Alors pour passer le concours, il faut d’abord avoir travaillé le concours ! Les choses ne s’inventent pas. Il faut avoir une réflexion sur les sujets proposés en lien avec la santé. Il faut être naturel, être soi-même et aussi proposer un projet qui soit concret dans tous les sens du terme.

Les 3 ans à l’école d’infirmière ne vont pas être tout le temps une partie de plaisir (faut dire les choses comme elles sont), il faut être conscient de l’engagement qu’il va falloir avoir au niveau du travail et de la méthode. C’est aussi un engagement financier. Il faut prendre en considération tous ces facteurs et bien réfléchir à comment on va faire pour ne pas être pénalisé pendant ces trois ans par des facteurs d’intendance.

Pendant ces 3 ans, travailler en école d’infirmière est un gros investissement de temps. Il faudra apprendre le sacrifice car on a en même temps les partiels à réviser, le stage, les travaux à faire… Il faut être méthodique, avoir une hygiène de vie au quotidien pour être sûr de mettre toutes les chances de son côté.

Vous recevez régulièrement des élèves d’école d’infirmier en stage dans votre établissement. Avez-vous des conseils à donner à nos futurs candidats, nos futurs infirmiers pour que leur stage se déroule au mieux ?

Je reçois souvent des élèves infirmiers qui sont souvent en première année et dont c’est généralement le premier stage. C’est parfois un peu difficile parce c’est souvent la première fois qu’ils sont confrontés aux personnes âgées.

Je leur conseille d’être curieux. Souvent ils sont en observation mais cela ne veut pas dire rester les bras croisés, à attendre que le temps passe. C’est poser des questions, proposer son aide, aller vers les aides-soignantes, aller vers les infirmières, aller vers les ASH (agent de service hospitalier). Il faut qu’ils voient aussi comment se passe le travail d’équipe. Il faut qu’ils demandent à apprendre, par exemple qu’on leur montre une toilette technique. A notre stade, ça fait partie des soins de base qu’une infirmière doit intégrer.

C’est aller vers l’équipe et surtout être curieux. C’est aussi le moment — par rapport à ce qu’on a imaginé et espéré — de voir si ça correspond à la réalité !

Que pourriez-vous nous dire pour conclure cet entretien ?

Pour conclure, je dirais que le métier d’infirmière est un beau métier mais comme tout métier il faut qu’il se fasse avec intellect mais aussi avec ses “tripes”. C’est un métier où il faut “avoir l’envie d’avoir l’envie” parce que sinon on va très vite être dans l’épuisement professionnel. Il faut bien mûrir son projet !

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