Devenir professeure des écoles : un métier d’avenir ?

Publié le 23 / 04 / 2019

Il suffit de lire les commentaires à la fin d’un article dédié aux professeurs des écoles pour comprendre que le métier anime les débats et les fantasmes. Et il est souvent difficile de discerner les vraies informations des fausses : est-ce qu’un professeur est bien ou mal payé ? Y-a-t-il des avantages et si oui lesquels ? Quels sont les perspectives de recrutement ? Quelles sont les conditions de travail ?

Autant de questions que se posent les actuels et surtout futurs professeurs des écoles. L’objet de cet article est de fournir à ceux qui veulent devenir professeur les informations nécessaires pour faire leur choix. Notre objectif est de présenter ces informations de manière objective en essayant de distinguer le vrai du faux. Bonne lecture !

La dynamique d’emploi

Ce que l’on constate depuis une trentaine d’année, c’est que le nombre de recrutements de professeurs des écoles est variable dans le temps. De plus les recrutement dépendent majoritairement des décisions politiques bien plus que des besoins réels. Jugez-en par vous-même :

Nombre de postes offerts aux cinq concours externes de l’enseignement public

Ainsi 2018 devrait voir un ralentissement comparé aux années précédentes. 2017 marquait ainsi un bon cru avec près de 15 500 postes offerts. En 2018, le nombre de postes offerts pour les concours externes de l’enseignement sera d’environ 10 000. Sachez que la tendance est globalement la même pour le CRPE que pour les autres concours.

A long-terme, compte tenu du taux de fécondité français (un des plus haut d’Europe) ainsi que du renouvellement nécessaire des professeurs partant à la retraite, la tendance de recrutement devrait être stable ! Son amplitude dépendra — comme toujours — des décisions politiques.

Autre tendance importante à savoir pour un futur candidat : le nombre de candidats a — sur le long-terme — diminué. Ils étaient près de 110 000 en 1997 (pic de candidats). Depuis 2014, on dénombre environ 42 000 candidats présents aux concours externes.

Conclusion : les perspectives de recrutement sont globalement bonnes pour les professeurs des écoles. Certes le nombre de places va baisser en 2018 mais cette diminution est compensée par une baisse du nombre de candidats : le taux de réussite a donc tendance à monter sur le long-terme.

La dynamique salariale

C’est le sujet qui génère tous les fantasmes : le salaire et les “avantages” des professeurs des écoles ! Pour cette partie, nous nous sommes appuyés sur les éléments du site Devenir enseignant du Ministère de l’Education Nationale.

Le salaire fixe

Le salaire à la titularisation est de 2 067 € brut soit environ 1 600 € net par mois. Etant fonctionnaire, le salaire du professeur des écoles suit la grille indiciaire telle qu’elle est définie par l’Etat français :

Les principaux points de passage sont les suivants :

  • Année de stage : 1 795 €
  • Année de titularisation : 2 067 €
  • À 10 ans de carrière : 2 306 €
  • À 20 ans de carrière : 2 765 €
  • À 30 ans de carrière : 3 777 €

Les primes

Nous listons ici les principales primes qui sont versées auprès des professeurs des écoles. Les montants donnés sont annuels et bruts :

  • Indemnité de suivi et d’accompagnement des élèves (ISAE). Versée à tous les professeurs des écoles. Montant : 1 200 €.
  • Prime d’entrée dans le métier. Versée à tous les professeurs des écoles. Montant : 1 500 €.
  • Prime d’installation. Versée en fonction du lieu d’affectation. Montant : 2 000 €.
  • Indemnités de résidence. Versée en fonction du lieu d’affectation. Montant : selon le salaire brut.
  • Supplément familial de traitement. Versée en fonction du nombre d’enfants à charge. Montant : selon le salaire brut.
  • Indemnités d’enseignement en REP (Réseau d’éducation prioritaire) et en REP+. Montant : 1 734 € en REP et 2 312 € en REP+.
  • Indemnités d’enseignement dans un département d’Outre-Mer.Montant : salaire majoré de 30% à 53%.
  • Prime si vous possédez une certification. Montant : 834 €.
  • Prime “enseignement adapté”. Montant : 1 558 €.
  • Prime si vous êtes directeur d’école. Montant : de 1 295 € à 1 943 €.
  • Prime si vous êtes maître formateur. Montant : 1 250 €.
  • Prime si vous êtes conseiller pédagogique. Montant : 1 000 €.

Comparaisons européennes

Nous nous appuyons ici sur le rapport 2015–2016 de la commission européenne sur le salaire des enseignants en Europe :

Salaire annuel minimum brut en euros des enseignants européens

La France se situe en milieu de tableau (11ème sur 27). Les écarts sont importants avec le haut du tableau (excepté le Luxembourg où les professeurs sont rémunérés près 30 000 € de plus par an qu’en Allemagne). Ainsi un enseignant Allemand gagne près du double d’un enseignant français.

Notons tout de même que la France se situe au-dessus de la moyenne européenne (21 800 €) mais en queue de peloton des pays “développés”. Cela souligne un traitement inférieur à la moyenne pour la seconde économie de l’Union Européenne.

Les conditions de travail

Là encore, notre objectif est bel et bien de faire tomber les idées reçues et de s’appuyer sur des vraies tendances et des chiffres. Ainsi notre source principale est un rapport du CNESCO (Conseil national d’évaluation du système scolaire) intitulé Attractivité du métier d’enseignant — État des lieux et perspectives.

L’image du métier

Selon le CNESCO, seuls 5 % des enseignants français de collège pensent que leur métier est valorisé, contre 31 % en moyenne dans les pays participant à l’enquête TALIS (2013). La France apparaît ainsi en avant-dernière position (sur 34 pays).

Malheureusement, nous ne disposons pas de chiffres précis sur l’image du métier par les Français non enseignants.

Une formation initiale de qualité mais une formation continue “peu ambitieuse”

C’est la formule utilisée par la Cour des comptes en 2015. Ainsi les enseignants français bénéficient en moyenne de deux jours et demi de formation continue par an (préparation aux concours internes de la fonction publique inclus). Ils ont trois fois moins de formation continue que les enseignants des autres pays de l’OCDE, nombre d’entre eux imposant un quota minimum de formation obligatoire.

L’entrée dans le métier

Alors qu’il existe une forte probabilité d’une affectation de plusieurs années dans une académie ou sur des postes non choisis par les professeurs, le rapport souligne un dispositif d’accompagnement des nouveaux titulaires insuffisant.

En effet, les enseignants stagiaires, durant leur année de Master 2, sont accompagnés par des tuteurs, mais c’est rarement le cas pour les néo-titulaires. A l’inverse de plus en plus de pays développent des programmes de mentorat. C’est le cas de 13 pays européens (Angleterre, Autriche, Allemagne, Pays-Bas, Norvège, Écosse,…). Certains de ces programmes suivent, pendant deux ou trois ans, les enseignants stagiaires et néo-titulaires.

Des enseignants français globalement satisfaits

58 % des enseignants français enquêtés parmi les 34 pays de l’OCDE et de l’Europe estiment que les avantages du métier compensent les inconvénients. Comme souvent, le métier d’enseignant est un métier passion et cela se ressent dans ce pourcentage !

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