Vendredi 20 janvier 2023

Sécurité

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Police et Gendarmerie : comment les différencier ?

Police et Gendarmerie sont deux institutions spécifiques chargées de veiller à l'ordre public. Comment les différencier ? On vous explique !

Police et Gendarmerie : comment les différencier ?

Police nationale, municipale ou Gendarmerie, les trois institutions sont les acteurs principaux de la sécurité intérieure. Ces métiers de la sécurité se regroupent autour d’un objectif commun : la lutte contre la délinquance et le maintien de l’ordre. Malgré leur rôle indispensable, les policiers et les gendarmes sont encore confondus dans l’imaginaire collectif. Les missions sont-elles communes ? De quelle manière se répartissent-ils le territoire ? Gendarmes et policiers possèdent-ils le même statut ? Comment s’organise leur fonctionnement interne ? Découvrez comment faire la différence entre Police et Gendarmerie !

Police Nationale et Gendarmerie : un rôle similaire

Il est assez fréquent de confondre les forces de l’ordre : appeler un gendarme « policier » et inversement. Pas de panique, c’est même assez logique de se mélanger les pinceaux entre Gendarmerie et Police

En effet, policiers et gendarmes remplissent un objectif commun : la défense intérieure. Ils agissent d’ailleurs dans le respect d’un code de déontologie commun depuis 2009. Concrètement, l’un et l’autre ont pour mission d’assurer le maintien de l’ordre et la protection des civils sur le territoire national

De la simple patrouille pour surveiller les rues d’une ville, à l’enquête judiciaire, les policiers et les gendarmes sont souvent amenés à collaborer. Par exemple, les gendarmes mobiles travaillent conjointement avec les Compagnies de Sécurité Républicaine (CRS) de la Police, notamment lors de crises majeures avec des interventions musclées.

Leur présence permet également de lutter contre la délinquance et d’organiser des opérations judiciaires, lors d’enquêtes pénales. On parle d’ailleurs de police judiciaire, bien que ce champ ne soit pas réservé à la Police !

Ils assurent régulièrement la sécurité de secteurs sensibles et de personnes importantes et participent aux dispositifs d’État, comme le plan Vigipirate. 

La Gendarmerie comme la Police remplissent aussi une mission de proximité, grâce un contact permanent avec la population. Il s’agit de forces véritablement indispensables à la sécurité publique

De l’échelle départementale à l’outre-mer, Police et Gendarmerie quadrillent l’entièreté de la zone nationale. En bref, les missions exercées par les policiers et gendarmes permettent de se déplacer sereinement dans toute la France. 

Statut, concours et missions : le jeu des 5 différences

1 : le même ministère mais pas le même statut

À première vue, les policiers nationaux et les gendarmes relèvent tous du ministère de l’Intérieur. Concrètement, ce ministère exerce une autorité budgétaire et opérationnelle sur ces deux institutions. Par exemple, il décide des financements versés pour chaque unité et choisit de déployer des brigades en cas d’événement spécial. Le ministre de l’Intérieur priorise également les missions de chaque corps de la Gendarmerie et de la Police nationale. 

Néanmoins, la Gendarmerie a un statut spécifique. En réalité, chaque gendarme est considéré comme un militaire des forces armées françaises, rattaché au ministère des Armées. De son côté, le policier reste un fonctionnaire d’État

Ainsi, grâce à leur statut, les policiers peuvent se syndiquer (Alliance Police Nationale, Syndicat Indépendant de Police Nationale, etc.). Au contraire, en tant que militaires, les gendarmes sont interdits de grève et de syndicalisme. 

Avec le statut de militaire, le logement du gendarme est pris en charge. Il peut soit vivre dans un logement de fonction en caserne, soit dans le civil (une partie des charges est prise en charge par la Gendarmerie nationale). Le policier ne vit pas en caserne mais il bénéficie de primes et/ou subventions au logement. 

Dernière différence, en tant que militaires, les gendarmes peuvent être détachés en opex, c’est-à-dire en opération extérieure (à l’étranger ou en outre-mer). Dans la Police, il est seulement possible de partir à l’étranger pour des missions de surveillance, par exemple pour les ambassades.

2 : des épreuves de recrutement différentes

Les deux institutions recrutent via des concours de sélection (interne ou externe). D’ailleurs, pour entrer dans la Police nationale et la Gendarmerie, les candidats doivent généralement posséder le baccalauréat, accomplir le service militaire (ou Journée Défense et Citoyenneté) et être de nationalité française. Ce sont en tout cas des prérequis pour le concours de gardien de la paix et celui de sous-officier de gendarmerie, deux postes équivalents. 

Malgré ces ressemblances, la Police nationale et la Gendarmerie disposent de modalités de recrutement bien caractéristiques. Par exemple, prenons les concours externes* de gardien de la paix (Police nationale) et de sous-officier de gendarmerie.

*Pour rappel, un concours externe concerne toute personne extérieure au métier et/ou secteur visé.

Dans la Police nationale, les épreuves d’admissibilité se découpent en quatre parties : 

  • Un cas pratique
  • Un QCM de culture générale (Actualité en France et dans le monde / cadre institutionnel et politique français et européen / valeurs et symboles républicains de la France prévus par la Constitution / grandes périodes de l'histoire de la France)
  • Un QCM de langue étrangère
  • Des tests psychotechniques

Au contraire, le concours de sous-officier de gendarmerie comprend une seule épreuve d’admissibilité, sous la forme d’une composition écrite de trois heures sur un sujet de culture générale. 

Pour les phases d’admission, la Police nationale organise des tests sportifs, avec un parcours d’habileté motrice et un test d’endurance cardio-respiratoire. 

Les épreuves d’ admission des candidats au concours de gendarmerie sont plus fournies : 

  • Un QCM sur les compétences numériques
  • Des tests psychologiques et de personnalité
  • Un entretien de sélection
  • Une épreuve sportive lors d’un parcours d’obstacles

3 : les zones d’intervention

Sur le terrain, chaque corps intervient sur des territoires bien distincts. La Police nationale occupe seulement 5 % du territoire mais se retrouve dans les grandes villes de France

En parallèle, les gendarmes couvrent 95 % de la France (métropole et outre-mer). En revanche, ils agissent principalement en zone péri-urbaine et rurale, c’est-à-dire dans les villes moyennes.

Seule exception : les unités d’intervention. En effet, la Force d’Intervention de la Police Nationale (FIPN) et le Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN) exercent leurs missions sur l’ensemble du territoire français. Ils sont mobilisés en cas d’événements particuliers, comme une prise d’otages ou sur une intervention périlleuse. 

En ce qui concerne les départements d’outre-mer, c’est la Gendarmerie qui a compétence dans ces zones. Les gendarmes mobiles sont missionnés afin de garantir le maintien de l’ordre public en outre-mer et y remplir les fonctions de police judiciaire.

4 : une structure propre à chaque institution

La Police nationale s’organise en 13 services de direction, dont les plus connus sont :  

  • La Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), spécialisée dans les enquêtes judiciaires
  • Les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS), appelées pour des opérations de maintien et de rétablissement de l’ordre public
  • L’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN), surnommée « la police des polices », chargée d’enquêter sur des litiges internes à l’institution
  • Le Service De La Protection (SDLP), dédié à la protection du président de la République et d’autres personnalités publiques

Ces services sont pilotés par la Direction Générale de la Police Nationale (DGPN) mais aussi par la Préfecture de Police de Paris, spécifique à la sécurité dans l’agglomération parisienne. 

L’organisation de la Gendarmerie nationale est fixée par le code de la Défense. Au sommet, la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale (DGGN) pilote l’ensemble des services sur le territoire. 

Pour faire simple, retenez que la Gendarmerie est répartie en quatre grandes unités : 

  • Les gendarmeries départementales, déployées sur l’ensemble des territoires
  • La gendarmerie mobile, chargée d’intervenir en cas de trouble à l’ordre public et/ou en soutien des formations départementales
  • La garde républicaine, pour des missions d’escorte, de sécurité et d’honneur
  • Le Groupement d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN)

Bien entendu, des formations spécialisées existent, comme la gendarmerie maritime. Comme dans la police, l’Inspection Générale de la Gendarmerie Nationale (IGGN) veille aux litiges internes. 

La Gendarmerie dispose d’une organisation plus territorialisée. Le commandant de région répond aux ordres du préfet. Il gère donc plusieurs groupements départementaux, au sein desquels se trouvent des compagnies. Parfois, des brigades territoriales sont organisées afin d’occuper plus efficacement le territoire. 

À l’échelle départementale, plusieurs unités composent une caserne de gendarmerie, par exemple le Peloton de Surveillance et d’Intervention de Gendarmerie (PSIG), les Escadrons Départementaux de Sécurité Routière (EDSR) ou encore les Brigades de Recherche (BR), spécialisées dans l’enquête judiciaire. 

5 : une gradation différente

La police nationale possède trois niveaux de fonctions différents : 

  • Le corps d’encadrement et d’application, avec les gardiens de la paix (quatre grades)
  • Le corps de commandement, avec les officiers de police (quatre grades)
  • Le corps de conception et de direction, avec les commissaires de police (trois grades)

Chez les gendarmes, le découpage suit la hiérarchie militaire : 

  • Les officiers généraux (quatre grades)
  • Les officiers supérieurs (trois grades)
  • Les officiers subalternes / aspirants (quatre grades)
  • Les sous-officiers (sept grades)
  • Les gendarmes adjoints volontaires

Vous l’aurez compris, dans les deux institutions, des grades permettent d’évoluer professionnellement. En général, grâce à l’ancienneté, au mérite ou à des examens professionnels, il est possible d’accéder à des responsabilités plus grandes et des rémunérations plus élevées. En revanche, l’organisation et l'appellation des grades sont distinctes entre la Police et la Gendarmerie.

[Bonus] : le fonctionnement spécifique de la Police municipale

Nous avons beaucoup parlé de la Police nationale et de la Gendarmerie mais qu’en est-il de la Police municipale ? 

Cette institution est totalement différente, par exemple elle ne dépend pas du ministère de l’Intérieur mais de la compétence du maire. C’est directement le maire qui s’occupe des effectifs de la Police municipale de sa commune. Il donne également les directives et les priorités des opérations menées sur le terrain. D’ailleurs, le policier municipal est un fonctionnaire territorial, recruté directement par la commune après un concours.

La Police municipale est donc un corps de proximité, intervenant uniquement sur le territoire d’une commune, voire d’une intercommunalité. Leurs missions sont plus restreintes, par exemple la surveillance et sécurisation de lieux publics (écoles, mairies, etc.), la verbalisation d’infractions ou d’incivilités (décharge illicite, tapage nocturne, contraventions routières, etc.). 

 

Désormais, impossible de vous perdre entre Police nationale, municipale et Gendarmerie. Les trois institutions doivent être distinguées, même si elles remplissent l’objectif commun de servir la France et ses habitants et d’en assurer leur sécurité. Dans tous les cas, ces corps d’État regroupent des métiers qui ont du sens, totalement indispensables à la vie en société. Si une carrière dans les forces de l’ordre vous trotte dans la tête depuis quelque temps, découvrez notre catalogue de préparations aux concours de sécurité !

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Crédits photo : « ©[Jerome Delaunay] via Canva.com »

Hugo Messina

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