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À quoi vont servir les fonds levés ? L'explication d'Arnaud, notre CEO

PrepAcademy lève 7 millions d'euros auprès d'Educapital, d'Evolem et de business angels. Nous changeons de nom et devenons Hupso academy.
04/05/202311 mins
Par Arnaud Gracieux
La levée de fonds expliquée par Arnaud, CEO de Hupso

PrepAcademy lève 7 millions et devient Hupso

La vie d'une entreprise est marquée par des étapes et des paliers à franchir. Incontestablement nous en avons passé une le 25 avril dernier, en annonçant notre levée de fonds de +7 millions d'euros auprès d'Educapital, d'Evolem et de business angels.

Nous en passons également une, en changeant officiellement de nom. PrepAcademy, que j'ai créé dans le salon de ma collocation (j'y suis resté 1 an quand même...) en 2016 - sans réellement savoir où ça nous mènerait - devient Hupso.

Au-delà de l'annonce, l'écriture d'un article, m'a permis - comme on dit - de « faire le point ». De se remémorer les bons (et les quelques mauvais) moments de cette aventure. De se souvenir de tous ceux qui ont apporté leurs pierres (petites ou grandes) à cet édifice. De comprendre ce qui a fait que nous en sommes là. Et de comprendre puis de ré-affirmer les fondations qui feront le futur grandiose de Hupso.

Pourquoi lever des fonds ?

Juin 2021. PrepAcademy est rentable. Nous avons triplé notre chiffre d'affaires en 2019 et en 2020, et allons le doubler en 2021 pour dépasser le million d'euros (1,2 M€ finalement). Nous avons lancé de nouvelles formations diplômantes dans le BTP et ça commence à vraiment bien marcher !

Pourtant, je sors d'un rendez-vous avec Manuel (Zebeida - qui m'accompagne depuis mon entrée au Réseau entreprendre 92) avec la (quasi) décision de lever des fonds.

Alors qu'on n'en a pas besoin !

Seulement, on sent qu'il sera encore difficile de doubler notre chiffre d'affaires l'année prochaine. Nous ne sommes pas un SaaS. Pour faire de la croissance, il faut - en plus d'acquérir des clients - lancer de nouvelles formations et recruter des tuteurs qui accompagnent les apprenants en formation.

Ce qui rend notre modèle pas totalement scalable. Et ce qui demande des investissements.

Il y a aussi quelque chose de moins « business ». C'est la conviction qu'en mettant plus de moyens, on peut mettre notre plateforme d'apprentissage et notre pédagogie largement au-dessus de ce qui se fait sur le marché de la formation professionnelle.

C'est le moment, où se pose le dilemme suivant :

  • Scénario 1 : on continue en autofinancement. On préserve le capital. On accepte que dépasser 50 % de croissance en 2022 sera un excellent résultat. On accepte également qu'il est hautement improbable que PrepAcademy change le visage de la formation en France et en Europe.
  • Scénario 2 : on lève des fonds. On accepte de perdre 20-30 % de son capital. On joue le doublement du chiffre d'affaires (à minima) pendant les trois prochaines années. Surtout, on se laisse la possibilité que PrepAcademy soit un « game-changer » dans la lutte contre les pénuries de recrutement et dans la revalorisation des métiers en tension indispensables.

Il n'y pas de bon scénario. C'est d'ailleurs la beauté de l'entrepreneuriat : chacun y écrit sa propre histoire, en cohérence avec ses convictions et ses envies. Jusqu'en 2021, j'avais envie de préserver mon capital, de montrer que nous avions un modèle qui marchait. La levée de fonds n'a jamais été dans mon esprit.

En juin 2021, lorsque je sonde au fond de moi ce que je veux réellement pour PrepAcademy, je me rends compte que je veux le côté « aventure » et je souhaite que PrepAcademy change le marché de la formation professionnelle... Et cette ambition n'allait de paire - selon moi - qu'avec une levée de fonds !

Comment on va les utiliser ?

Avant sa levée, PrepAcademy était autofinancée et rentable. Honnêtement la trésorerie était un sujet mais pas le plus important.

Ce qui fait qu'on a une chance : pouvoir dédier les fonds levés uniquement à l'amélioration de notre produit et à former plus de personnes. On ne va pas se battre pendant un ou deux ans à trouver notre modèle, il est déjà là !

Lancer 40 formations en 3 ans (et pas une de moins ?)

Les formations forment le socle sur lequel s'est construit PrepAcademy. Nous n'aurons d'impact que si nous savons :

  1. Lancer suffisamment de formations
  2. Les lancer en conservant une exigence de qualité (sujet au combien compliqué)

Pour y arriver, on doit structurer une équipe pédagogique et des process de lancement de formation ! Je vous assure : partir d'une feuille blanche, élaborer un programme de formation, recruter des dizaines de professeurs, suivre et valider la création de plusieurs centaines de contenus... c'est un travail de titan !

Et si on veut - en plus - que cette équipe réfléchisse à comment rendre nos formations le plus professionnalisant possible (projets orientés « terrain », partenariats entreprises, etc.), alors il nous faut une équipe pédagogique de niveau « Champions league » comme dirait l'autre.

C'est la première brique d'investissement.

Faire de notre plateforme d'apprentissage la référence sur le marché

Hupso repose sur un modèle mixte distanciel-présentiel et/ou full-distanciel. Ce qui signifie qu'une partie de chaque formation se déroule sur une plateforme d'apprentissage.

On a même pris le parti d'intégrer le maximum de services possibles sur cette plateforme pour qu'elle devienne le « hub » de formation d'un apprenant, l'endroit où il retrouve tout ce dont il a besoin pour se former (calendrier de formation, réservation de coaching, contenus, chat professoral, plateforme pour trouver un emploi, etc.).

Il aurait été facile pour nous de nous appuyer sur un logiciel « sur-étagère » comme Moodle. Facile à déployer et gain économique énorme, se chiffrant en centaines de milliers d'euros par an !

Et pourtant, dès 2016, on s'est lancé dans une aventure : développer notre propre plateforme d'apprentissage.

Chez Hupso, on est convaincu que ce qui fera demain la différence entre une formation de chef de chantier chez nous et chez un autre, ce n'est pas tant le contenu de la formation (il est peu probable qu'on réinvente le métier de chef de chantier) que l'expérience qu'il aura en formation : se sent-il accompagné ? A-t-il un programme de formation cohérent avec son niveau ? Peut-il facilement échanger avec d'autres élèves ?

Autant de fonctionnalités que l'on retrouve et que l'on veut développer sur notre plateforme d'apprentissage.

Et pour rendre cette expérience de formation incroyable, on doit avoir 100 % la main sur l'outil qu'on utilise. C'est plus difficile, ça coûte plus cher mais c'est une conviction que l'on porte avec détermination.

Et vous le savez, ce n'est pas moi qui vais construire la plateforme ? Pour cela il nous faut investir sur la tech et le produit.

C'est la deuxième brique d'investissement.

Devenir un acteur de l'emploi et pas seulement de la formation

Pourquoi fait-on ce métier ? Pourquoi cible-t-on les métiers en tension ? Pourquoi construit-on des formations professionnalisantes ?

Pour former des gens. Oui certes. Mais ce n'est que la première phase. L'objectif ultime est surtout que chaque apprenant trouve un emploi après notre formation. Plus les apprenants trouveront un emploi rapidement, plus ils y resteront, plus on saura que nos formations sont au top et répondent à de vrais enjeux marché !

Notre objectif est que dans trois ans, Hupso soit bien plus un acteur de l'emploi que de la formation.

Pour que nos clients trouvent un emploi derrière, on a plein d'idées, comme :

  • Construire une plateforme emploi mettant en relation nos élèves et les entreprises
  • Construire des partenariats avec des entreprises pour que ces dernières pré-recrutent nos apprenants
  • Faire du coaching pour aider nos élèves à trouver un job

Toutes ces idées, il faut les lancer, les tester, les faire évoluer... Ce sont des projets transverses entre pédagogie, sales, produit et marketing.

C'est la troisième brique d'investissement.

Développer une marque

On n'a jamais travaillé notre marque. Il n'y avait qu'à voir notre site. Toutes les idées qu'on porte, notre vision, notre mission, vous ne les trouviez nul part.

Et pourtant... On a tellement envie que notre mission et notre vision soient visibles ! Que les gens sachent ce qui nous porte au quotidien.

Et pourtant... Il y a vraiment quelque chose à faire pour créer une marque forte et engagée dans l'univers de la formation professionnelle. Un secteur dont la mission des entreprises est naturellement noble - « former des gens » mais dont l'image est dégradée par les dérives du CPF et les arnaques en tout genre.

On a donc tout refait, du sol au plafond avec la super agence Insign qui nous a aidé à mettre des mots et des concepts sur les ressentis qu'on avait.

En sont sortis :

  • Une plateforme de marque : en gros, qui on est et ce que l'on veut défendre
  • Une plateforme de discours : traduire nos idées dans un discours qui nous correspond et qui soit cohérent
  • Une charte graphique : refléter nos convictions et notre mission
  • Un nouveau nom (j'en parle juste après)

Nous le savions, on l'avait au fond de nous mais ça ne transpirait pas. Désormais c'est affiché : on redonne leurs lettres de noblesse aux métiers indispensables. On les défend.

Comme je le dis souvent à mes équipes, il serait bien plus facile pour nous de vendre des formations tech à 5 000 €, à des gens à l'aise avec le digital et venant de CSP+ pour lesquels le montant à engager n'est pas un frein.

Et il est honnêtement plus difficile de faire la même chose avec une personne qui veut devenir chef de chantier dans un territoire sans la fibre. Une personne, pour laquelle 5 000 € représente une bonne partie de ses économies. Une personne qui peut voir sa vie changer en réussissant la formation. Ça ne fonctionne pas à chaque fois. Mais quand on y arrive, quelle fierté !

Cette marque, il va donc falloir la faire connaître et la faire rayonner.

C'est la quatrième brique d'investissement.

Le changement de nom : bienvenue Hupso

PrepAcademy - « Prep » comme on dit chez nous - restera toujours « dans les cœurs » (j'en fais un peu trop).

Mais ce n'était plus possible !

Ce nom avait trois défauts :

  • Très difficile à écrire par les personnes (même chez nous). J'ai vu passer des : « Prep'academy », « Prepa Academy » , « Prepacademie », etc.
  • Il était « bateau » et pas très inspirant. On faisait partie de la longue liste des boîtes d'éducation qui ont construit leur nom autour des mots « Classe », « Classroom », « Academy », « Edu », etc.
  • Très connoté « préparation aux concours ». Certes, c'est notre métier originel. Mais la préparation aux concours sur les métiers en tension répresente aujourd'hui moins de 50 % de notre chiffre d'affaires. Et surtout, ça faisait très « boîte à prépa », alors qu'on aide des personnes à devenir infirmier, aide-soignant, professeur des écoles, etc.

Il nous fallait un nom court, dynamique et tranchant avec les classiques du secteur.

C'est très compliqué de trouver un nouveau nom. On a l'impression que tout existe déjà. Sur les 150 noms proposés par l'agence, après les vérifications juridiques, vous vous retrouvez avec la possibilité d'en choisir 3-4... Très frustrant !

Pourquoi Hupso ? Déjà il est court et dynamique (je l'ai dit au-dessus). Surtout il vient du grec « Hupsoo » qui veut dire s'élever.

Honnêtement ça a fini de me convaincre. C'est le moment où l'irrationnel prend le dessus. La Grèce c'est le pays de Socrate, de la philosophie et du savoir. Si en plus, le nom de notre entreprise porte en lui la notion de progression et d'élévation par le savoir. C'était bon !

Petit retour sur nos 6 ans

Comme écrit au-dessus, cette annonce et cet article ont été le moment de faire un mini-bilan.

En se retournant sur ces six années, notre parcours tient à beaucoup de choses. Des bonnes décisions, des convictions, de la chance aussi (le Covid a - dans notre malheur à tous - par exemple permis de mettre un gros coup de projecteur sur le secteur des Edtech).

Si on réfléchit encore plus, on se dit aussi qu'on a pris un paquet de mauvaises décisions ?. Que les convictions ancrées au plus profond de soi ont évolué. Et que si on a eu de la chance, on a aussi eu de la malchance.

Du coup, on se dit que ce qui fait qu'on en est là, c'est pour autre chose que des bonnes décisions et des convictions assumées. Il y a autre chose derrière !

C'est la mentalité. Ce qu'on appelle dans le milieu des startup « la culture ».

La mentalité c'est ce qui te permet :

  • De ne pas baisser les bras après une mauvaise décision. De l'accepter et de repartir direct au front.
  • De ne pas se gargariser quand à l'inverse tu en as pris une bonne. Tu en es content, fier mais tu restes humble : le chemin à parcourir est encore long.
  • De croire en ta mission, de croire que c'est possible et ainsi de faire les choses différemment.
  • À l'inverse de savoir changer de cap quand tu sens que tes convictions personnelles te mènent dans le mur.

Aujourd'hui, on essaye de construire une culture d'entreprise autours de trois axes : l'apprentissage, l'écoute et l'ambition. Je dis « essayer » car ça n'est jamais acquis. À chaque arrivée, chaque départ, on rejoue le match. Et que la partie est encore plus compliquée quand tu doubles tes effectifs en six mois ?

Ce sont les personnes qui nous ont rejoints, couplé à cette mentalité, qui ont fait qu'on a et qu'on continuera à le faire !

Remerciements

Chaque collaborateur qui a travaillé avec nous, quelle que soit son histoire avec Hupso, a apporté sa pierre à l'édifice. C'est l'occasion de les remercier.

2018 : Omar Taya, Justin Boinot, Cyril Rabia, Mélie Castelain.

2019 : Clément Vignal.

2020 : Wassim Slimane, Lorenzo Jouan, Jennifer Rodrigues, Valentin Demay, Elena Kameneva, Andréa Escribano, Noëmie Paupin, Kélia Emig, Sami Boquin, Guillaume Forel, Ethan Brand, Safia Amradouch, Léo Mercati, Stella Santiago, Tsantariliva Andriamaro, Astrid Amou.

2021 : Bertille Bellet, Romain Dumontet, Martine Tcha, Kéna Wagari, Fouzia Hassi, Corentin Maréchal, Marc Chrétien, Wijdane Nakkoubi, Thibaut Claris, Rémi Blin, Lucile Béranger, Téofilo José Dos Santos Sebastio, Camille Fourticq, Adrien Faure, Seymour Nkuka, Justin Coutin, Julien Grand.

2022 : Raphaël Parodi, Claire Salomon, Valentin Voynier, Corentin Maréchal, Camille Bourgeon, Célia Hamlat, Hannah Pilo, Merwan Seddiki, Hugo Messina, Paul Dufresne, Margot Parmentier, Cindy Picaud, Julie Rafalovicz, Ilan Baruchel, Eric Guei, Matthieu Gardinal, Emile Boiron, Maud Zannier, Lucie Villacorta, Stephen Mpiga Biviga, Adriana de Villers, Boris Saint-Bonnet, Yulia Leborgne, Alexandre Bonde, Corentin Maréchal, Caroline Depature, Xénia Klimoff, Théo Martin, Elora Beaulieu, Farah Benchikha, Romain Dewavrin, Kimberley Mangin, Claire Salomon.

2023 : Manuella Tré, Gloria Bokpe, Clément Grandou, Mélissa Arches, Axel Jury, Grace Peralta, Augustin Diaz, Hugo Duplan, Emeline Oudart, Anne-Sophie Fernex de Mongex, Laura Brizon.

Nos professeurs

Enfin une pensée pour tous nos professeurs et experts qui ont travaillé avec nous pour concevoir des formations et accompagner nos élèves. Avec une mention spéciale pour Coralie Chabaud, qui après un appel dans le salon de ma collocation en 2016 m'a fait confiance et pour tout ce qu'elle a fait après. Sans elle, ça aurait été différent, c'est pour ce genre de rencontre qu'on se lève tous les matins.

Nos investisseurs

Ceux de la première heure, qui ont décidé de me faire confiance alors que PrepAcademy n'était rien : la famille Gracieux au complet (?), Sacha Nastat et Clément Vignal.

Ceux de la deuxième heure, qui nous ont fait confiance pour faire passer Hupso dans une autre dimension : Educapital, Evolem, Baptiste Hamel, Romain Raffard, Hugo Manoukian, Axel Manoukian, la famille Bernard, Hugo Durand de Bousingen, William de Bodinat, Maxime Grante, Patrick Asdaghi, Romain Libeau, Dimitri Farber, Philippe Deljurie et Alexandre Sumar.

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Arnaud GracieuxRédacteur de contenus

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